6ème édition : Les Orchidées Rouges, lauréat 2025, et Codégaz, second Prix, choisis par les lycéens pour leur action en faveur des femmes vulnérables de Côte d’Ivoire et d’Inde

Le jury des lycéens constitué de 14 jeunes du lycée Jean Cassaigne a choisi le 6 mai 2025 les deux lauréats 2025 qui seront récompensés d’un premier Prix de 10 000 € et d’un second Prix de 5 000 € parmi les 4 associations suivantes : Codegaz , Les Orchidées Rouges, le Samusocial International et Terre & Humanisme.

Des femmes ayant subi ou susceptibles de subir des mutilations sexuelles en Côte d’Ivoire, des étudiantes démunies provenant de minorités intouchables Adivasis en Inde, le jury des lycéens a considéré que les actions respectivement engagées par les Orchidées Rouges et Codégaz représentaient le mieux leur volonté cette année de récompenser la lutte contre les inégalités subies par les femmes et l’amélioration de l’accès aux soins pour tous et toutes.

Cette 6ème édition du Prix Jean Cassaigne des lycéens pour la solidarité internationale met en lumière tout l’engagement associatif français et la richesse de leurs partenariats au Sud pour donner à ces jeunes filles ou à ces femmes les moyens d‘accéder à une vie plus digne.

En Côte d’Ivoire, 37% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des Mutilations Sexuelles Féminines (MSF) bien que la loi ivoirienne les interdise. Ces pratiques sont généralement réalisées avant l’âge de 10 ans par des exciseuses traditionnelles dans des conditions précaires, ce qui peut entraîner des complications sanitaires et psychologiques immédiates ou à long terme.

Pour apporter des solutions de reconstruction aux survivantes de ces violences et pour contribuer à l’éradication des mutilations sexuelles féminines, l’association les Orchidées Rouges accompagne les survivantes à travers un institut médico-psychosocial à Abidjan. Cet institut offre des soins médicaux, un soutien psychologique, sexologique, social et juridique. Il forme les bénéficiaires pour qu’elles deviennent Ambassadrices et conduisent des actions de plaidoyer contre ces mutilations. Le but est de sensibiliser la population ivoirienne masculine et féminine dans tout le pays, notamment dans les écoles, par le biais de ce réseau d’Ambassadrices.

Ainsi, en 2023, 5 600 personnes ont été sensibilisées, 450 formées et 115 accompagnées pour une prise de conscience du caractère néfaste de ces pratiques, une amélioration du bien-être et une meilleure insertion sociale des victimes.

Les partenaires des Orchidées Rouges en Côte d’Ivoire sont les ONGs Kouadi et Tchêlé Wôyê, la Fondation Djigui, l’association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, le ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le Réseau des Hommes engagés pour l’égalité de genre en Côte d’Ivoire, ONU Femmes et ONU Sida ainsi que les ambassades de France et d’Allemagne.

Dans la province du Gujarat, les Adivasis aborigènes figurent parmi les populations les plus pauvres d’Inde, fortement discriminées, peu ou pas scolarisées et très souvent contraintes à des activités de travail manuel. Les femmes Adivasis, tout particulièrement, sont dans une grande précarité économique et sanitaire.

Pour permettre aux jeunes filles Adivasis de sortir de cette condition, Codegaz accompagne depuis 2008 les étudiantes de l’Institut Vidhyadeep (Vidhyadeep Community College) de Bharuch. La surveillance de leur santé et d’une nutrition suffisante est au cœur des préoccupations de l’institut Vidhyadeep et de Codegaz. Des aménagements sanitaires, thermiques, médicaux et solaires ont été réalisés pour permettre à l’Institut d’avoir accès à une eau de bonne qualité, d’être plus autonome d’un point de vue électrique, d’accueillir plus d’internes et d’améliorer les enseignements dispensés. Un nouveau programme pédagogique sur l’utilisation des herbes médicinales a été mis en place.

Chaque année, 250 jeunes filles Adivasi et d’autres communautés « intouchables » bénéficient de ces actions. Elles trouvent quasiment toutes un emploi à la fin de leur formation.

l’Institut Vidhyadeep (Vidhyadeep Community College), la congrégation des Filles du Cœur de Marie et la Société de la Communauté Vidhyadeep sont les partenaires de Codegaz.

La fragilisation du contexte sécuritaire au Mali a conduit les populations sahéliennes à fuir les attaques terroristes et à se réfugier à Bamako dans les quartiers où vivent les populations les plus vulnérables. Faute d’activités génératrices de revenus, les enfants de ces familles déplacées internes sont livrés à la mendicité, aux petits travaux ou à la prostitution. Les filles et les femmes représentent 62 % des enfants et 74 % des adultes déplacés.

En 2001, Samusocial International a contribué à créer le Samusocial Mali pour lutter contre le phénomène des enfants vivant en rue à Bamako. Depuis 2020, le Samusocial Mali étend ses activités à ces populations déplacées. Son action vise à assurer l’accès de ces familles à des services répondant aux besoins d’urgence et à réduire les facteurs de vulnérabilité. Pour cela, des permanences sociales et médicales sont assurées sur les sites où sont installés les déplacés, des appuis en vivres, vêtements, matériel de couchage et d’hygiène sont proposés, des groupes de parole de femmes et de filles sont organisés pour mieux comprendre leurs besoins et identifier des solutions, des projets de réinsertion socio-économique des femmes et des jeunes sont formulés et des maraudes sont réalisées sur les lieux fréquentés par les enfants pour réduire les risques de rupture familiale.

Depuis 2020, 3600 personnes déplacées internes dont 56 % de filles et de femmes ont bénéficié des soutiens mis en place par le Samusocial Mali. Les actions de sensibilisation sur les besoins et les droits des femmes ont permis de multiplier par 12 le nombre d’enfants scolarisés, avec une majorité de filles.

Pour mettre en œuvre ces actions, le Samusocial International appuie le Samusocial Mali qui collabore avec une cinquantaine de structures locales, notamment la Mairie de Bamako, les services de l’Etat, le ministère de la promotion de la femme, tous réunis dans un même cadre de concertation.

Au Bénin, 70 % de la population vit de l’agriculture. Pourtant, 23 % de la population rurale souffre d’insécurité alimentaire, notamment au Nord-Ouest. Dans le département de la Donga, les pratiques agricoles destinées à produire essentiellement du coton et des ignames participent à la déforestation et à l’appauvrissement des sols. La situation très précaire des femmes de ce département les conduit à fabriquer du charbon de bois pour assurer les charges familiales ou à laisser leurs familles pour migrer vers les grandes villes.

Pour donner aux femmes un environnement leur permettant de rester sur place, Terre & Humanisme collabore sur place depuis 2017 avec l’Organisation des Ruraux pour une Agriculture Durable (ORAD). Ils proposent d’octroyer à ces femmes un petit jardin individuel afin de leur procurer le nécessaire pour nourrir leurs familles et rester auprès de leurs enfants. Terre & Humanisme appuie l’ORAD qui forme les détentrices de ces jardins aux pratiques agroécologiques pour à la fois bien s’alimenter, générer des revenus et participer à la protection de l’environnement. Cet appui est de nature méthodologique, administratif et en termes d’équipement pour la ferme-école de l’ORAD. Une phase pilote auprès de 10 femmes en 2020-2021 a montré l’utilité de ces jardins de case et des foyers améliorés qui les accompagnent pour réaliser des économies importantes sur les dépenses alimentaires des ménages. Les activités se sont développées ensuite.

35 femmes bénéficient aujourd’hui de jardins de case, en utilisant des pratiques agroécologiques, et de foyers améliorés. 10 femmes ont mis en place des pépinières de plants forestiers. 10 autres conduisent une activité de transformation du manioc en farine.

60 % de la production des jardins est utilisée pour la consommation du ménage et 80 % des femmes commercialisent une partie de leur production. Les femmes du projet « jardin de case  » ont créé une coopérative. 55 femmes améliorent ainsi l’alimentation de leurs familles, leurs conditions de vie et s’autonomisent.

Au Bénin, pour la mise en œuvre de ses activités, l’ORAD collabore régulièrement avec les agents du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

25 organisations françaises ont répondu à l’appel à propositions mais 4 ne pouvaient pas attester d’un statut d’intérêt général ou d’utilité publique reconnu par l’administration française (pas de rescrit fiscal). Ces dernières n’ont pas été considérées comme éligibles de même que 2 associations africaines. Merci aux réseaux régionaux multi-acteurs de coopération décentralisée et/ou de solidarité internationale et à la Cité du Développement Durable qui ont largement relayé l’annonce de l’appel à propositions.

22 propositions ont donc été évaluées par deux experts, une association ayant proposé deux réponses. Les notes des experts ont varié de 9,5/30 à 30/30 avec une moyenne de 22/30. 8 propositions n’ont été recommandées par aucun expert. 10 ont été recommandées par un seul expert. Les 4 présélectionnées par deux experts

Les organisations ayant répondu sont vraiment de taille variable mais les présélectionnées (en rouge) sont parmi celles dont le budget annuel est supérieur à 200 000 €.

Les populations bénéficiant des actions proposées par les organisations ayant répondu se situent majoritairement en Afrique sub-saharienne.

Peu de propositions ont été reçues en réponse au thème sur la gestion prudente des ressources choisi par le jury des lycéens. C’est une thématique un peu nouvelle pour le Prix. Les organisations environnementales n’ont probablement pas connaissance de cet appel à propositions.

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